Faim de loup

 

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Mercredi 27 février 2008

Par louvemisss - Publié dans : Blablas persos
Incompréhensibles blablas inutiles.



Ce sera désormais toujours gris. Le ciel bleu et la mer, l'étendue éternelle, la lumière sur le rivage et le vent dans l'herbe, le vent entre les feuilles, le chuchotement de la vie et de l'amour. Tout sera désormais gris, une empreinte grise marqué au fer, gris. Plus de nuances, plus de curiosités.

 

En chaque chose, l'étonnement et l'inconnu s'y dissimule. Et désormais, lorsque je regarde au travers de la vitre, l'uni verre, mon regard se pose sur le rivage des sensations, de mes sentiments blessés à vifs, éteints. Quels que soient leurs effusions, il y aura une cicatrice. Une cicatrice qui tiraille encore chaque son, chaque douceur de vivre, une cicatrice profonde et ouverte sur le monde auquel je goûte de mon existence absurde et ô combien savoureuse, une éternelle cicatrice qui enveloppera le mirage de mes sens d'un voile fin, et gris.

 

La joie que j'éprouve dans tes bras, l'intégrité que je retrouve auprès de toi, le bonheur de tes yeux d'enfant, tes fragments infinis -et pures- d'innocence, et ces bouts d'ange qui s'allonge dans ton corps, me donneront encore la volonté de vivre, car vivre a une signification : et cette signification c'est justement aucune signification, aucun sens. Vivre pleinement c'est aimer simplement. Aimer ce n'est pas être aimé. Quand je t'ai avoué, à mots entiers, cet amour qui m'attrapait pour s'évader vers tes yeux de plume et tes attitudes de ferraille, je n'attendais aucune réponse, je n'y avais pas même pensé. J'avais essayé d'arrêter mon âme dans son élan amoureux, mais tout était si naturel, si intègre à moi-même, vrai, pure, juste, sans raison d'être. Tout moi, tout mon être, tous les visages, toutes les facettes de ce que je suis s'était pour la première fois accordé en un seul et juste sentiment, sans raison et avec toute la raison du monde.

 

Mais jamais plus, je ne sentirais la liberté de cette innocence-là, cette innocence-là qui nous montre le monde, cette immonde existence si immense et si petite, si absurde et si justifiée. Cette innocence, c'est, selon moi, une façon d'appréhender l'extérieur de nous-même avec toute l'ignorance et la surprise, alors qu'on est encore libre et non pas souillé par la profonde tristesse d'avoir compris, d'avoir su. Mon corps d'ici restera marqué par cette chose qui ne devrait pas nous atteindre, qui ne devrait pas s'incarner dans un corps, et qui a dû s'incarner dans le mien. Comme dans tant d’autres je suppose. Est-ce cela la petite mort, ou la mienne fut un peu plus grande ? Une seconde mortelle et la blessure s'ouvre pour ne plus se refermer, nous ouvrant définitivement à la vie, la prison de l'existence, cette existence parfois absurde, mais en réalité nous offrant un passage, un regard sur la sensation et l'amour, les plus belles choses, les choses les plus précieuses, qu'un être, qu'importe son essence, puisse possèder. La connaissance -spirituelle- n'est rien, la perception spirituelle c'est autre chose.

 

Et pourtant, je ne sais rien, je connais rien de tout ça, j'ai vu une seconde qui renfermait toute ma vie, mon existence. Moins d'une seconde. Ou plus. Ce n'est pas une question de temps, tout comme cette connaissance-là se passe de toute explication.

 

Et pourtant, je n'ai rien vécu non plus. Ou si peu… Presque rien,  et la seule chose que j'apprends vraiment c'est que je ne sais rien.

 

C'était juste le passage logique et irrémédiable vers la vie, la mienne dans tous les cas. Je ne sais pas comment ça se passe pour tout le monde.

 
 

Et pourtant je ne sais rien, la réalité n'est sûrement comme je l'ai perçue, mais c'est ma réalité que je vis.
Avec toi...

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